Condamnée

J’avance lentement. Le regarde vide. J’entends des murmures autour de moi. Qu’ils parlent ça m’est égal. Je sais qui je suis, ce que je vaux.
La fin se rapproche doucement. Il me regarde avec plein de compassion et de tendresse dans les yeux. Ils l’ont obligé à être là. Il aurait tout fait pour ne pas avoir à faire ça.
Je ne lui en veux pas il n’y est pour rien.
Dans 2 minutes tout sera fini.
La fin se rapproche doucement. Il me regarde avec plein de compassion et de tendresse dans les yeux. Ils l’ont obligé à être là. Il aurait tout fait pour ne pas avoir à faire ça.
Je ne lui en veux pas il n’y est pour rien.
Dans 2 minutes tout sera fini.
"Une dernière volonté ?"
"Oui. Je veux l'embrasser une dernière fois."
Il s'approche de moi. On s'embrasse tendrement.
"Je suis désolé"
"Tu n'y est pour rien"
"C'est moi qui vais te tuer"
"Tu n'as pas le choix"
"Ça suffit à présent. Bourreau mettez-vous en place."
"Je t'aime"
"Moi aussi"
"Melle vous avez été reconnue coupable de sorcellerie. Vous allez être brûlée vive"
"Dieu vous punira pour ce que vous allez faire"
"Bourreau !"
L'amour de ma vie s'approche avec le flambeau.
"Non je ne peux pas le faire"
"Donnez-moi ça"
Il jette le flambeau à mes pieds et le bûcher s'embrase.
"Dieu est paix. Dieu est amour. Je t'ai toujours aimé, je t'aime et je t'aimerais toujours quoique ton père en pense."
"Silence sorcière. Tu n'ensorcelleras pas mon fils !"
Condamnée comme sorcière parce que j'aime son fils. Condamnée parce qu'ils sont riches et pas moi. Condamnée parce que je ne m'écrase pas devant eux mais que je reste fière. Condamnée parce que notre amour dérange et qu'après tout je ne suis qu'une moins que rien à leurs yeux aveuglés par l'argent et le pouvoir. Ce n'est pas moi la plus pauvre. Ce n'est pas moi la plus à plaindre. Moi j'ai aimé quelqu'un d'autre que moi-même et l'argent, moi j'ai été aimé en retour.
Je quitte ce monde où pour avoir le droit d'exister et de s'aimer il faut être riche et puissant.
La douleur devient insupportable. Mes derniers mots seront pour toi. Je prends autant d'air que je peux pour crier le plus fort possible.
Je quitte ce monde où pour avoir le droit d'exister et de s'aimer il faut être riche et puissant.
La douleur devient insupportable. Mes derniers mots seront pour toi. Je prends autant d'air que je peux pour crier le plus fort possible.
"Je t'aime"
Libellés : Petite histoire
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